Comment nos avions sont-ils garés? Découvrez l’envers du décor

Vous êtes sûrement déjà tombé sur ces photos ou vidéos d’aéroports déserts, de vols sans passagers et d’avions parqués sur le tarmac. Les effets du confinement se répercutent à tous les niveaux. Dans le monde entier, des milliers d’appareils sont cloués au sol, c’est le cas également pour ceux de TUI.

Nous avions déjà interrogé précédemment notre personnel de bord concernant le retour au pays de nos vacanciers. Mais qu’en est-il des avions qui se retrouvent provisoirement immobilisés? Nous sommes allés à la rencontre de nos collègues Tim, technicien en maintenance aéronautique, et Dustin, mécanicien d’avion sur piste. Ils vous emmènent au cœur de l’action et vous expliquent comment la situation actuelle impacte leur travail.

Technicien en maintenance aéronautique, en quoi cela consiste exactement?

« Avec mes collègues, je fais en sorte que les appareils de TUI soient en bon état technique », explique Tim. Comment s’assurer que c’est bien le cas? « Cela passe par exemple par le remplacement d’un four dans le galley, le changement des moteurs ou l’entretien des logiciels de l’avion. Chaque journée est différente ».

Et le métier de mécanicien d’avion sur piste?

« Nous sommes responsables de l’ensemble de l’entretien, des réparations et des inspections à bord de l’appareil pour que l’avion soit apte au vol », répond Dustin. « Pour ma part, je m’occupe spécifiquement des Boeing 737-NG et des 737-MAX. Obtenir ma licence n’a pas été facile, mais aujourd’hui, les efforts que j’ai fournis durant mes études ont porté leurs fruits. Ce qui est vraiment chouette, c’est que je peux maintenant transmettre mes connaissances aux nouveaux monteurs et stagiaires. »

Pourquoi nos avions sont-ils parqués au sol?

« Les avions ont évidemment été conçus pour voler. Mais en raison du COVID-19, c’est pour le moment impossible. Et si les appareils restent trop longtemps à l’arrêt, c’est la panne. C’est pareil pour les humains. Les pièces mobiles d’un avion peuvent rouiller. Il est possible que des oiseaux ou des insectes construisent leur nid dans le moteur par exemple. C’est une situation que nous voulons absolument éviter. Pour le moment, chacun prend soin de soi et de ses proches. Nous, nous faisons la même chose, mais avec nos avions », raconte Dustin. « De cette manière, nos vacanciers pourront bientôt à nouveau voyager en toute sécurité », conclut Tim.

Est-ce qu’on stationne un avion comme on le fait pour sa voiture? Il suffit d’actionner le frein à main?

« Malheureusement non, ce n’est pas aussi simple », nous confie Tim. « Saviez-vous d’ailleurs qu’un avion possédait un frein à main, comme une voiture? Il s’agit toutefois d’être plus attentif pour le stationnement de longue durée d’un avion. Nous travaillons en étroite collaboration avec les fabricants de nos appareils et de nos moteurs. Boeing a ainsi mis en place des procédures spéciales. Par exemple, de nombreux instruments de mesure précis se trouvent à bord et au niveau d’un avion. La pression atmosphérique et la vitesse se mesurent au moyen de petits trous présents sur le fuselage de l’appareil. Mais lorsque celui-ci est parqué, des insectes viennent parfois y faire leur nid. Il y a aussi de la poussière qui peut venir s’accumuler. Nous plaçons donc du ruban adhésif sur chaque ouverture et nous recouvrons les moteurs d’une bâche de protection. » Dustin ajoute: « Boeing exige également que l’on débranche la batterie pour qu’elle ne se décharge pas et qu’elle reste opérationnelle. Des absorbeurs d’humidité sont présents dans la cabine et dans le cockpit car une forte humidité pourrait aussi endommager l’appareil. »

Combien de collègues sont nécessaires pour réaliser cette manœuvre de stationnement?

« Cela dépend du type d’avion. Un Boeing 787 est par exemple beaucoup plus grand qu’un 737. Mais généralement, il faut environ 5 personnes pour pouvoir parquer un avion », explique Dustin. « Il faut autant de collègues pour poser l’adhésif et les grandes bâches autour des moteurs », ajoute Tim. « C’est pareil lorsqu’on contrôle les moteurs et les ailerons. Deux personnes se trouvent dans le cockpit et un ou plusieurs collègues vérifient l’état des ailerons et des moteurs depuis l’extérieur de l’appareil. Ils s’assurent notamment qu’il n’y ait pas de fuites de carburant ou de matériel dans les parages. »


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Où sont garés les avions en ce moment?

« Presque tous les aéroports disposent de grandes places de parking. Mais avec la situation actuelle, certains appareils sont même stationnés sur des pistes d’atterrissage. Chez TUI, tous les avions ne sont pas cloués au sol. Nous organisons encore des vols afin de faire revenir les vacanciers au pays, ainsi que des cargos, de temps en temps », déclare Tim.

Une fois que les appareils sont parqués, le travail est-il terminé?

« Non pas vraiment », dit Dustin. « Cela ne s’arrête pas là. Lorsqu’un avion est garé, nous devons le remettre partiellement en marche et procéder à une série de tests et cela, tous les 7 jours. Nous commençons par allumer les moteurs et nous les laissons tourner pendant 15 minutes. Nous faisons de même avec la climatisation pour la circulation de l’air dans l’appareil et nous vidons les absorbeurs d’humidité. Nous nous assurons de la bonne mobilité des ailerons et ensuite, nous désactivons à nouveau l’avion pour pouvoir effectuer le même rituel, 7 jours plus tard. »

Qu’est-ce que cela vous fait de voir tous ces avions les uns à côté des autres?

« C’est bizarre », admet Dustin. « Notre travail consiste à faire voler ces appareils. Les voir comme cela, cloués au sol, c’est une situation à laquelle nous ne sommes pas habitués. Mais en même temps, nous apportons notre pierre à l’édifice en nous assurant que les avions restent en bon état, et ça, c’est plutôt chouette ». Tim partage le même avis. « C’est vraiment surréaliste. Dans chaque aéroport, nous pouvons aujourd’hui apercevoir des rangées entières d’avions à l’arrêt. Rares sont les appareils qui décollent ou qui atterrissent… Dans notre travail, nous ne sommes pas vraiment en contact avec les passagers, mais depuis le cockpit, nous ne voyons plus les passagers, impatients de partir en vacances, qui font la file à la porte d’embarquement. »

Avez-vous déjà vécu une situation identique?

« Non, heureusement », réagissent-ils à l’unisson. « Comme nos Boeing 737-MAX sont cloués au sol depuis un an, nous exécutons cette procédure chaque semaine. Nous savons donc comment nous y prendre », assure Dustin. « Mais comme nous le répétons souvent dans l’équipe: « Il n’y a rien de plus beau que de voir décoller un avion. » Et en attendant, nous prenons bien soin des appareils », conclut Tim.

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